GESTION DE STOCK
Prévenir et gérer les risques de stock
l’apport des modèles d’options à la rentabilité de l’entreprise et ses prospectives Thierry BRUTMAN
En pratique, les objectifs de la gestion classique des stocks et plus généralement de la supply chain sont les suivants : avoir des stocks suffisants pour se protéger du risque de rupture de l’approvisionnement de ses clients d’une part et ne pas avoir un stock trop important pour limiter la valeur des invendus d’autre part.
Rien n’indique que le stock est un actif qui pourrait permettre de créer de la valeur dans une société.
L’analyse traditionnelle de la gestion de stocks ne voit dans ceux-ci qu’une source de coûts: le premier est le coût de détention (taux d’intérêts des fonds immobilisés en terme de stock), le second est le coût opérationnel qui inclut à la fois les coûts des surfaces & manipulations et du risque de dévalorisation du stock en cas d’obsolescence ou d’invendus.
Remerciements à Herve Hillion, VP Headstrong (James Martin), Julien Dutreuil, Ecole des Mines de Paris, et Charles Bienfait, Ecole Centrale de Paris
Aucune étude n’a, jusqu’à ce jour, eu pour objet l’impact de gestion du temps dans la politique de stock d’une part et sur la création de valeur au travers des modifications de prévisions de ventes d’autre part. D’une manière synthétique, aucune étude n’a donc eu pour objet l’impact de la gestion du temps sur la performance & rentabilité globale de l’entreprise intégrant gestion du risque et opportunité probabiliste de gain.
On observera qu’au contraire le stock est le facteur premier de la rentabilité d’une entreprise.
Qu’entendons-nous par rentabilité globale ? Dans le cadre de cette définition, nous entendons par rentabilité globale le retour sur les fonds investis dans un actif, à travers tout le processus de décision et d’opération.
Cette approche n’a pu être menée en raison d’une appréciation erronée ou insuffisante de ce qu’est « l’actif stock ». De facto, selon ces théories, le stock n’a aucune valeur, en conséquence de quoi l’objectif stratégique communément admis est de réduire ce stock à zéro et ne produire que juste à temps.
Cette approche se cumule avec une gestion des stocks en quantité économique et dont les bases sont les traditionnels modèles d’approvisionnements issus des travaux de Harris et de Wilson. Voici les conclusions que l’on peut en tirer :
Après avoir parcouru l’essentiel des modèles de gestion de stocks répandus et les avoir testés, il apparaît que la plupart d’entre eux sont des modèles d’approvisionnement et d’ordonnancement. De manière pratique et à commencer par le premier d’entre eux, le modèle de Wilson, ces modèles servent soit à déterminer un volume de stocks (et éventuellement une valeur) en fonction d’un type de demande (les demandes étant considérées comme des fonctions continues), soit à déterminer le moment où le stock doit donner lieu à une commande de réapprovisionnement.
De telles approches, pourtant, ne permettent pas d’estimer, à tout moment, la valeur d’arbitrage d’un stock en fonction d’une variation de l’expression de la demande pour les produits qu’elle concerne. Elles ne permettent donc pas d’être un outil efficace de gestion face au comportement du consommateur.